Le grondement de la montagne

Le Grondement de la montagne, c’est au départ bien sûr un magnifique roman de Yasunari Kawabata mais aussi film japonais réalisé par Mikio Naruse et sorti en 1954, la même année que le roman. Il est de nouveau dans le circuit des cinémathèques en 2017 avec une copie rénovée et en excellent état. Il est rare de constater une telle adéquatiaffiche-grondementon entre la mise en scène, le choix des acteurs, et l’image qu’on s’en était soi-même faite en lisant le roman !  Sô Yamamura est un Shingo, convaincant, père incapable comme il se qualifie lui-même mais beau père aimant, un peu trop même…  Par sa tendresse envers sa charmante bru    Kikuko, jouée par Setsuku Hara,  Ken Uehara est un Schuichi blasé et cynique qui oscille entre sa femme Kikuko , »un lac », et sa maîtresse, « un torrent »… Les images noir et blanc de Tokyo, et de ses jardins, de la petite ville de banlieue Kamakura, où habite la famille Ogata sont magnifiques. La fidélité du scénario fait qu’on est tenté en rentrant chez soi de rouvrir le roman pour vérifier et se remémorer certaines scènes, comme par exemple celle où Shingo admire une magnifique fleur de tournesol, dans le jardin de ses voisins. Le réalisme du cinéma nous fait ainsi redécouvrir les talents de peintre de Kawabata, et la multitude de scénettes de la vie de tous les jours qu’il incorpore dans l’histoire principale, l’amour nakakitacaché d’un beau-père pour sa belle fille, délaissée par son mari, et la crainte de l’approche de la vieillesse.Ici, c’est une jeune prostituée qui achète une langouste sur un marché pour l' »américain » avec qui elle vit. ailleurs c’est l’enterrement d’un ami de Shingo, qui a trouvé une fin « paradisiaque », dans un hôtel thermal, dans les bras d’une femme :  « Pendant la cérémonie, Shingo, curieux, avait cherché des yeux cette femme ». là c’est le bébé de Fusako qui capte le regard de son grand-père : « Le bébé, d’un mouvement imprévu, s’était retourné, mis à quatre pattes, et dressé sur ses jambes en s’appuyant à la cloison coulissante. Une seule invraisemblance : quand la jolie Chieko Nakakita (1926-2005) qui joue Fusako, la fille de Shingo, elle aussi abandonnée par son mari, se déclare laide, moins jolie que Kikuko, on n’y croit pas une seconde, mais c’est bien la seule…

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