Manazuru

Manazuru est une ville située dans la baie de Sagami, pas très loin de Yokohama, dans la préfecture de Kanagawa. Une petite ville d’un peu moins de huit mille habitants, au bord de la mer. De jolis paysages dont on peut se faire une idée en lisant l’article de Tomoaki Murata https://www.ambassadors-japan.com/en/manazuru-love/354/

Mais c’est aussi un livre de la romancière japonaise Hiromi Kawakami, née en 1958 à Tokyo, et biologiste de formation, l’une des écrivains du japon les plus populaires aujourd’hui. L’histoire, c’est celle de Kei et Rei, une jeune femme et son mari disparu. Personne ne sait ce qu’il est advenu de Rei, dix ans plus tôt. Kei c’est peu à peu défaite de toutes ses affaires à l’exception d’un petit carnet où se trouvent quelques indices bien maigres, une date, une heure de rendez-vous, et le nom d’une ville Manazuru. Aujourd’hui, Kei vit chez sa mère avec sa fille Momo, adolescente. Elle arrive à joindre les deux bouts en écrivant des nouvelles et rencontre de temps à autre Seiji, son amant et éditeur, marié et père de famille. Petit à petit on pénètre dans le monde ou vit Kei, toujours hantée par ce mari disparu, au point de rendre jaloux son amant. Mais Rei n’est pas le seul spectre à suivre Kei… Une femme mystérieuse et multiforme lui rend visite, tente même de l’entraîner dans la mort, un jour où elle s’est rendue à Manazuru pour essayer de retrouver les traces du disparu.cvt_manazuru_4803

Momo sera le seul lien qui lui fera rebrousser chemin au bout du cap, symbole, un jour de typhon, et éviter la noyade. On retrouve dans ce beau roman, la multiplicité des personnages féminins, déjà chère à Kawabata, mais aussi des pages magnifiques sur la relation mère-fille, dans ce triangle entre la grand-mère, Kei et Momo, l’adolescence, la veillesse et la solitude… Des pages que seule une femme pouvait écrire. Le style, bien traduit par Elisabeth Suetsugu est à l’image de la pluie qui tombe sur la mer, lors des escapades de Kei à Manazuru, à la fois précis dans les détails et brumeux dans les lointains  : « Le coude posé sur le bord de la fenêtre du côté gauche du train de la ligne Tôkaidô, assise dans le sens de la marche, je regardais la mer qui apparaissait fugitivement dans l’intervalle des montagnes ou des maisons ».

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