Shakespeare, le choix du spectre

Voici un livre qui est arrivé dans ma bibliothèque par hasard.  J’ai toujours été passionné par le théâtre de William Shakespeare, au point de faire le pélérinage à Stratford upon Avon, de me plonger dans l’Alexander Text, armé d’un gros dictionnaire, et bien sûr d’assister à maintes représentations. La mise en scène romantique d’Hamlet, réalisée par Patrice Chéreau, où le spectre apparaît sur scène chevauchant un cheval noir m’avait enchanté. Découragé par l’épaisseur (et le prix ?) de l’épais ouvrage de Lamberto Tassinari, prétendant avoir découvert le « vrai Shakespeare », j’ai feuilleté distraitement le livre de Daniel Bougnoux, voisin sur la table et je me suis laissé prendre, saisir serait plus juste, par le style de l’auteur, philosophe réputé. Ce livre m’accompagne maintenant depuis presque un mois, car je le lis en alternance avec des scènes des pièces citées, principalement Macbeth et Hamlet.  Le premier chapitre m’a fait douter. Le propos est que la « tronche » du Shakespeare historique ne colle pas avec le génie de son oeuvre … Mais devinerait-on l’auteur du Rivage des Syrtes dans une photographie de Monsieur Poirier ? Fort heureusement, le philosophe propose lui-même l’antithèse à son raisonnement dans une conversation dans un café du marais, avec son amie Deirdre. Assuré que les idées seraient débattues avec impartialité, je me suis aventuré plus avant dans le livre, et je dois avouer que je n’ai pas eu à le regretter ! Le style de l’auteur est dense et donne de la vie à ce qui aurait pu n’être qu’une simple accumulation d’arguments ou de faits historiques pour étayer la thèse selon laquelle John Florio (1553-1625) serait le véritable Shakespeare.  Les pièces de Shakespeare sont évoquées avec talent :  » Au château d’Elseneur, les noces ont suivi d’un peu trop près les funérailles, et les beuveries se poursuivent tard dans la nuit traversée d’appels, de feux, du vacarme des forges et des pièces d’artillerie qu’on assemble et qu’on roule : Danemark fiévreusement se fortifie contre Norvège… ».  On redécouvre l’Angleterre Elisabéthaine et la vie d’un courtisan, sujet aux caprices d’humeur des gouvernants, ainsi que le monde du spectacle de l’époque, où la propriété intellectuelle est encore loin d’être un droit établi…. Voilà un livre où l’on ne s’ennuie pas, bien que le sujet puisse au départ sembler aride ou tout au moins académiqueshakespeareCOUVsite

 

Une réflexion sur “Shakespeare, le choix du spectre

  1. Cher monsieur. Je me permets de vous signaler le livre électronique à paraître demain aux éditions Thierry Marchaisse et intitulé « Shakespeare, combien de prétendants ? ». Nous y avons donné la parole à M. Daniel Bougnoux pour qu’il y expose la thèse de Lamberto Tassinari dont il est devenu un défenseur plus ardent que son auteur, avec douze articles écrits par des universitaires anglais et français spécialistes de Shakespeare en réponse à cette hypothèse qu’ils jugent tous pour le moins hasardeuse et fantaisiste… Cordialement. François Laroque (Dictionnaire amoureux de Shakespeare, Plon, 2016)

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